Le Canada et les États-Unis entrent dans un nouveau bras de fer commercial après l’échec des négociations

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20h30 ▪
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Luc Jose A.

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Les concertations commerciales entre les États-Unis et le Canada ont subitement échoué ce vendredi 21 août. Cet échec a ravivé les tensions entre les deux pays nord-américains. Compte tenu de l’entrée en vigueur des droits de douane punitifs et les représailles canadiennes annoncées, ce conflit pourrait donc avoir des répercussions sur la liquidité mondiale, accentuer l’incertitude sur les marchés et même toucher les actifs risqués. Le marché crypto et le bitcoin se retrouveraient alors au premier rang d’une nouveau choc macroéconomique.

Un affrontement commercial entre les Etats-Unis et le Canada.Un affrontement commercial entre les Etats-Unis et le Canada.

En bref

  • Le Premier ministre canadien Mark Carney a suspendu les pourparlers commerciaux avec Washington et rapatrié ses équipes, dénonçant des conditions américaines injustes.
  • L’échec des discussions déclenche l’imposition immédiate de surtaxes américaines de 50 % sur 20 milliards de dollars de marchandises canadiennes importées.
  • L’absence d’accord sur les produits laitiers, ainsi que l’échec des réductions tarifaires envisagées sur l’acier, l’aluminium et l’automobile, ont fait capoter les négociations.
  • Le Canada s’engage à répliquer « dollar pour dollar » aux tarifs américains pour protéger son économie et ses travailleurs.

De la trêve au clash diplomatique : les coulisses de cet échec avec les États-Unis

Ce vendredi, les dissensions se sont multipliées après une décision radicale du Premier ministre du Canada, Mark Carney, de rappeler en toute urgence ses émissaires en mission à Washington, malgré une suspension de 72 h des nouveaux droits de douane. Cette montée des tensions est intervenue après l’expiration du sursis de trois jours octroyés un peu plus tôt dans la semaine par l’administration américaine.

Pour expliquer son choix, le Premier ministre canadien a indiqué : « en conséquence, ce soir, j’ai décidé de suspendre les négociations commerciales avec les États-Unis et j’ai ordonné aux négociateurs du Canada de retourner à Ottawa ». Il motive une telle décision en signalant le comportement du président Donald Trump au tout dernier moment.

D’après les propos de ce dernier, les changements de dernière minute introduite par les États-Unis étaient « injustes, antiéconomiques et remettaient en cause la fiabilité de tout accord ». Soulignant que la souveraineté économique de son pays dont la croissance connaît une accélération notable, il a déclaré que le Canada ne pourrait jamais permettre « à aucun pays de décider de notre avenir ».

Cette paralysie de dernière minute a automatiquement provoqué la mise en œuvre des taxes punitives de 50 % décidées par les États-Unis à minuit. Il convient de noter que ces tarifs douaniers s’appliquent directement à près de 20 milliards de dollars d’importations de marchandises canadiennes, ce qui représente environ 5 % de la valeur globale des biens importés par les américains depuis le Canada au cours de l’année précédente.

Les limites de ces sanctions sont étendues. Cinq cent catégories de produits différents sont touchés, allant du matériel électrique aux machines industrielles, en passant par l’ameublement, les vêtements et l’alcool. Les prétentions des États-Unis concernent un accès étendu au marché des produits laitiers du Canada. Ces exigences particulières ont ruiné l’équilibre fragile des négociations.

Afin de bien évaluer l’ampleur des blocages sectoriels qui ont conduit à cet échec diplomatique, de nombreux arbitrages majeurs sont pourtant restés dans les discussions jusqu’aux dernières minutes :

  • L’acier et l’aluminium : la Maison-Blanche envisageait une réduction de moitié des tarifs actuels de 50 %, ce qui aurait ramené les droits de douane à 25 % ;
  • Le secteur automobile : les négociations portaient sur un abaissement à 15 % des taxes de 25 % qui frappaient les véhicules canadiens pour leur seul contenu non américain.

La riposte et l’arsenal juridique : le choix du bras de fer économique

À la suite de cette offensive américaine, la réaction de l’exécutif canadien a été rapide. Le gouvernement du Premier ministre a promis une réponse symétrique et immédiate en matière économique. Les autorités du Canada, qui refusent de céder à la pression de Washington, ont alors décidé d’appliquer une politique de rétorsion ciblée. C’est pourquoi Mark Carney a déclaré de façon ferme : « le Canada répliquera à ces tarifs dollar pour dollar afin de protéger nos travailleurs et nos entreprises ».

Quant à l’administration américaine, elle a immédiatement rejeté l’entière responsabilité de cette crise sur l’exécutif canadien. Jamieson Greer, le représentant américain au commerce, estime que « malgré l’offre des États-Unis accordant au Canada le meilleur traitement réservé à un grand exportateur sur notre marché, de nouvelles exigences et le retour sur d’autres engagements par le Canada ont bouleversé le savant équilibre atteint ces derniers jours ».

En matière légale et stratégique, la procédure utilisée par les américains est en rupture totale avec les usages commerciaux internationaux classiques. Dans le but d’imposer ces droits de douane de 50 %, l’administration Trump a volontairement réactivé la Section 338 du Tariff Act de 1930. Il s’agit d’un levier juridique exceptionnel qui remonte à la période de la Grande Dépression.

Cet instrument juridique particulier offre l’originalité de ne requérir aucune enquête antérieure. Il permet ainsi l’application des surtaxes de façon permanente et définitive, sans échéance automatique, si le président des États-Unis ne décide pas de les lever. Pour le moment, Washington conserve une liberté d’action en écartant temporairement les secteurs vitaux de l’énergie tels que le pétrole, le gaz, les minéraux critiques de même que le secteur halieutique.

Les risques inflationnistes et les actifs alternatifs

En plus des tensions diplomatiques, ce passage en force des américains exerce une pression importante sur l’équilibre monétaire mondial. L’application unilatérale et brutale de ces taxes douanières massives sur des chaînes d’approvisionnement totalement imbriquées crée immédiatement le risque de réapparition de l’inflation sur le continent nord-américain.

Au fur et à mesure que les sociétés vont répercuter ces coûts additionnels sur les consommateurs, les banques centrales se retrouveraient piéger entre le ralentissement de l’activité économique du fait du protectionnisme et des prix sous tension. Cette incertitude pourrait créer un environnement volatil pour les monnaies fiduciaires, car ces dernières montrent rapidement des signes de fragilité face à la politisation croissante des échanges commerciaux.

Dans cette anarchie, la pertinence des actifs décentralisés se trouve consolidée chez les investisseurs prudents et avertis. Tandis que les accords bilatéraux piétinent et s’effondrent sous la pression des textes arbitraires et des normes législatives protectionnistes centenaires, le bitcoin et le marché crypto rappellent la valeur primordiale d’un réseau financier neutre, sans frontière et insensible aux surtaxes douanières.

Si la volatilité à court terme est inévitable au cours de ces chocs macroéconomiques, la dégradation des certitudes commerciales traditionnelles accélèrerait la réorientation des capitaux vers des réserves de valeur hors du champ de contrôle étatique.

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Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d’une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j’ai rejoint l’aventure Cointribune en 2019.
Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l’économie, j’ai pris l’engagement de sensibiliser et d’informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu’elle offre. Je m’efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l’actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d’investissement.





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