11h00 ▪
6
min de lecture ▪ par
Les réserves d’Ethereum sur les plateformes d’échange continuent de fondre, tandis qu’une part toujours plus importante de l’offre reste immobilisée dans le staking. Cette double dynamique resserre progressivement la liquidité disponible sur le marché et renforce le scénario d’un supply squeeze, un choc d’offre susceptible de peser sur la formation des prix. Alors que l’ETH tente de se maintenir autour des 1 900 dollars, les données on-chain révèlent une évolution de fond qui pourrait redéfinir l’équilibre entre acheteurs et vendeurs dans les prochaines semaines.


En bref
- Le taux de staking de l’ETH atteint un sommet de 33,6 %, immobilisant une part croissante de la masse monétaire hors des circuits de négociation.
- Les réserves d’ETH sur les plateformes centralisées ont chuté à 15,1 millions d’ETH, portées par des retraits nets réguliers (~46 300 ETH).
- Cette contraction de la liquidité persiste aussi bien en période de hausse que de baisse du cours, confirmant un retrait de liquidité à long terme.
- La rareté seule ne suffit pas à déclencher une envolée du prix ; le marché manque encore d’une demande spot soutenue et d’afflux institutionnels.
L’assèchement mécanique de la liquidité d’Ethereum sur le marché spot
L’analyse des métriques on-chain confirme une contraction structurelle et accélérée de l’offre d’Ethereum immédiatement disponible à la négociation. Les données récentes publiées par CryptoQuant révèlent plusieurs indicateurs clés :
- L’envolée du staking ETH 2.0 : le taux de staking a franchi un nouveau cap pour s’établir à environ 33,6 %, marquant une progression spectaculaire par rapport aux 28 % enregistrés au début de l’année 2025 ;
- La chute des réserves sur les exchanges : les réserves d’ETH détenues sur l’ensemble des plateformes d’échange centralisées ont subi une baisse drastique, passant d’un sommet supérieur à 21 millions d’ETH à environ 15,1 millions d’ETH ;
- Des flux nets négatifs sur les plateformes : les flux nets récents sur les exchanges demeurent négatifs à hauteur d’environ -46 300 ETH, traduisant des retraits qui dépassent largement les dépôts ;
- Des entrées toujours positives vers le staking : les flux entrants vers le protocole de staking restent positifs avec environ +62 200 ETH, bien que ce rythme se situe nettement en deçà des pics épisodiques observés plus tôt dans la période.
Ce mouvement conjoint de retrait des plateformes et d’orientation vers le staking ne relève pas d’une simple fluctuation spéculative à court terme. Le déclin des réserves sur les exchanges s’est en effet maintenu de manière ininterrompue à travers les phases de hausse du cours comme lors des phases de correction. Selon les analystes de CryptoQuant, cette persistance traduit une réduction structurelle de l’offre immédiatement accessible plutôt qu’un cycle de retrait éphémère. L’effet combiné de ces flux crée un signal fondamentalement constructif pour le profil d’offre à moyen terme d’Ethereum. Davantage de jetons intègrent le contrat de staking tandis qu’une quantité de plus en plus réduite demeure stationnée sur les plateformes d’échange, restreignant la masse d’ETH en attente de vente sur le marché secondaire.
L’impératif d’une demande réelle
Si la raréfaction des jetons est incontestable sur le plan comptable, la mécanique des prix obéit à une logique plus complexe où la restriction de l’offre ne produit aucun effet sans pression acheteuse. Comme le soulignent les experts de CryptoQuant, « une simple réduction de l’offre ne suffit pas à provoquer un price squeeze. Pour faire grimper le cours, il faut encore une demande soutenue sur le marché spot, une activité réseau plus soutenue ou des flux entrants de la part des institutionnels ».
En dépit d’un rebond du cours vers $1,900, le marché n’a pas encore fait preuve de l’intensité d’achat nécessaire pour convertir cette baisse de la liquidité en une cassure haussière décisive. La simple raréfaction des jetons ne saurait garantir à elle seule un mouvement haussier important en l’absence d’un catalyseur externe venant stimuler le volume d’échange au comptant.
L’analyse de l’activité du réseau et des flux institutionnels montre que l’enthousiasme des acheteurs reste modéré à ce stade. Même si le retrait continu des réserves offre un socle favorable, la liquidité amoindrie peut augmenter la volatilité sans pour autant fixer de direction claire. Sans l’injection de capitaux frais sur le marché spot ou un regain d’utilisation des applications décentralisées, la raréfaction de la masse monétaire en circulation risque de demeurer un facteur passif, incapable d’entraîner à lui seul le marché vers le haut.
Les seuils critiques
L’évolution à court terme reste ainsi suspendue à la confirmation par le cours de la réalité de cet assèchement. Ainsi, le biais immédiat demeure modérément constructif tant que l’égouttement des réserves des plateformes d’échange se poursuit au rythme actuel. Les analystes préviennent toutefois que la concrétisation théorique du choc d’offre dépendra de franchissements techniques stricts sur le marché spot : « une installation durable du cours au-dessus des 2 000 $ viendrait renforcer l’hypothèse d’un supply squeeze, tandis qu’un retour des flux entrants sur les plateformes d’échange la fragiliserait ».
La validation ou la réfutation du scénario haussier pour Ethereum reposera donc sur la capacité du prix de la crypto à dépasser ce seuil psychologique ou, à l’inverse, sur le retour préjudiciable de flux de dépôt vers les plateformes d’échange.
Si les investisseurs institutionnels ou une reprise de l’activité applicative viennent alimenter la demande spot, la faible profondeur du carnet d’ordres sur les exchanges pourrait accélérer la hausse du prix de l’Ether de manière brutale. À l’inverse, si la demande demeure apathique ou si les flux entrants vers les plateformes d’échange reprennent le dessus, la thèse du supply squeeze se réduira à une simple illusion théorique.
Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme ‘Read to Earn’ ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.
Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d’une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j’ai rejoint l’aventure Cointribune en 2019.
Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l’économie, j’ai pris l’engagement de sensibiliser et d’informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu’elle offre. Je m’efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l’actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.
DISCLAIMER
Les propos et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d’investissement.
