France : Chainalysis estime à 9,4 milliards de dollars l’activité crypto potentiellement imposable en 2025

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20h00 ▪
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Luc Jose A.

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En France, la fiscalité crypto pourrait porter sur 9,4 milliards de dollars d’activité imposable au cours de l’année 2025, d’après les données fournies par Chainalysis. Ce montant ne constitue néanmoins ni des gains dissimulés ni une estimation des impôts perdus par l’État.

Dans une grande salle d’analyse financière française, un inspecteur en costume se tient devant un gigantesque réservoir transparent rempli de Bitcoin, Ethereum et autres actifs crypto. Il tient une loupe devant le réservoir avec une expression stupéfaite. Un immense compteur mécanique intégré à l’installation affiche uniquement 9,4, tandis qu’un petit cadran secondaire indique 2025.Dans une grande salle d’analyse financière française, un inspecteur en costume se tient devant un gigantesque réservoir transparent rempli de Bitcoin, Ethereum et autres actifs crypto. Il tient une loupe devant le réservoir avec une expression stupéfaite. Un immense compteur mécanique intégré à l’installation affiche uniquement 9,4, tandis qu’un petit cadran secondaire indique 2025.

En bref

  • 9,4 milliards de dollars d’activité crypto seraient potentiellement imposables en France en 2025.
  • Ce montant regroupe paiements, gains réalisés et revenus crypto.
  • Les 368 millions d’euros déclarés en 2024 ne sont pas directement comparables à cette estimation.
  • DAC8 renforcera la transparence fiscale grâce aux données collectées par les prestataires crypto.
  • Une partie de l’activité DeFi et des transactions on-chain restera hors du champ pratique du dispositif.

Trois catégories composent les 9,4 milliards

Chainalysis positionne la France au treizième rang mondial en ce qui concerne l’activité crypto potentiellement imposable. Dans son rapport, l’agence s’appuie sur les transactions observées sur le bitcoin, Ethereum, Solana, Tron, BNB Smart Chain et Base.

L’entreprise octroie géographiquement les flux grâce à des données de localisations directes et à l’activité des services identifiés. Toutefois, elle reconnaît que son modèle ne couvre ni toutes les blockchains ni les transactions internes aux plateformes d’échange.

Ce montant se répartit entre trois grandes catégories :

  • 5,2 milliards de dollars de paiements en cryptos ;
  • 2,5 milliards de dollars de gains réalisés ;
  • 1,7 milliard de dollars de revenus issus notamment du mining, du staking, des prêts ou des jeux ;
  • 9,4 milliards de dollars d’activité potentiellement imposable au total.

La société Chainalysis utilise précisément le thème « activité crypto potentiellement imposable » dans son rapport publié le 26 août. Ainsi, un paiement de 1000 dollars ne correspond pas immédiatement à une plus-value de 1000 dollars. Seule une partie de la transaction peut générer un gain soumis à l’impôt, d’après le prix d’achat et la situation du contribuable.

Top 15 des pays selon l’activité crypto imposable

La somme de 9,4 milliards ne peut donc être présentée comme une créance fiscale. Elle additionne des flux de nature différente auxquels les réglementations françaises n’appliquent pas forcément le même traitement.

Les 368 millions déclarés ne sont pas comparables

Près de 24000 contribuables français ont déclaré 368 millions d’euros de plus-values nettes au titre de leurs revenus de 2024, d’après les chiffres communiqués. L’année précédente, 7700 personnes avaient déclaré 150,8 millions d’euros.

Cette progression avoisine ainsi 144 % pour le nombre de déclarants et presque le même pourcentage pour le montant des gains. De telles statistiques indiquent une amélioration des déclarations, même lorsqu’elles ne permettent pas de déterminer l’intégralité de la fraude.

Effectuer une comparaison directe des 368 millions d’euros aux 9,4 milliards de dollars serait trompeur. Le premier montant porte exclusivement sur les plus-values nettes déclarées pour 2024. Quant au second, il concerne l’année 2025 et rassemble des gains, des revenus et des paiements.

Aussi, la comparaison avec les 2,5 milliards de gains estimés par Chainalysis demeure imparfaite. Les périodes et les devises sont différentes, alors que l’analyse on-chain ne permet pas toutes les fois d’établir la résidence fiscale, le coût d’achat et les éventuelles moin-values.

Le taux de 90 % ne concerne pas la France

L’affirmation selon laquelle plus de 90 % des gains crypto français ne seraient pas déclarés ne ressort pas du rapport. Chainalysis cite une étude publiée par l’administration fiscale de la Suède d’après laquelle plus de 90 % des personnes examinées sur le sol suédois n’avaient pas bien déclaré leur activité.

Aucun taux correspondant n’a été déterminé pour la France. Appliquer immédiatement ce pourcentage aux contribuables français pourrait revenir donc à transformer une comparaison étrangère en statistique nationale.

Cependant, le rapport établit un manque de visibilité pour les administrations. À l’échelle mondiale, Chainalysis évalue l’activité potentiellement imposable à plus de 457 milliards de dollars en 2025. L’Union européenne en représenterait 125,1 milliards de dollars.

La fiscalité crypto en France bénéficierait d’informations plus concises à partir de 2027. Ainsi, la directive DAC8 impose déjà aux prestataires de procéder à la collecte des données liées aux opérations effectuées depuis le 1er janvier 2026.

DAC8 lancera les premiers échanges d’informations crypto en 2027

Les prestataires devront donc envoyer l’identité, la résidence fiscale et les opérations de leurs utilisateurs. Ainsi, les administrations européennes pourront échanger les premières données de l’année en cours au plus tard le 30 septembre 2027, d’après la Commission européenne.

La norme DAC8 reprend les principes du Crypto-Asset Reporting Framework de l’OCDE. Il s’agit d’un dispositif qui vise principalement les plateformes d’échange centralisées, les courtiers et certains fournisseurs de portefeuilles.

Son efficacité demeurera partielle. Chainalysis pense que les événements couverts par le CARF constituent seulement 14 % de l’activité on-chain potentiellement imposable. Les exchanges décentralisés, les transferts entre particuliers et certains revenus issus de la DeFi resteraient hors de son champ pratique.

Les statistiques reçues en 2027 faciliteront les contrôles, toutefois elles ne révéleront pas directement tous les gains non déclarés. Le principal enjeu consistera à rapprocher les informations des prestataires avec les transactions on-chain et la situation fiscale réelle de chaque utilisateur.

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Luc Jose A.

Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d’une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j’ai rejoint l’aventure Cointribune en 2019.
Convaincu du potentiel de la blockchain pour transformer de nombreux secteurs de l’économie, j’ai pris l’engagement de sensibiliser et d’informer le grand public sur cet écosystème en constante évolution. Mon objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre la blockchain et de saisir les opportunités qu’elle offre. Je m’efforce chaque jour de fournir une analyse objective de l’actualité, de décrypter les tendances du marché, de relayer les dernières innovations technologiques et de mettre en perspective les enjeux économiques et sociétaux de cette révolution en marche.

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