Moscou veut sanctionner les actifs numériques jugés “hostiles”

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Moscou veut sanctionner les actifs numériques jugés “hostiles”



14h10 ▪
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Lydie M.

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La Russie veut taxer et encadrer les cryptomonnaies occidentales jugées « hostiles ». Derrière cette mesure, Moscou cherche surtout à reprendre le contrôle d’un marché crypto devenu stratégique pour ses paiements, ses échanges et sa souveraineté financière.

Illustration montrant un dirigeant russe abattant un tampon fiscal sur la cryptoIllustration montrant un dirigeant russe abattant un tampon fiscal sur la crypto

En bref

  • La Russie veut taxer les cryptomonnaies occidentales jugées risquées.
  • Bitcoin, Ethereum et USDT resteraient accessibles aux particuliers.
  • Le vrai enjeu est le contrôle des flux crypto transfrontaliers.

Moscou transforme la crypto en outil de souveraineté

La Russie prépare une nouvelle pression fiscale sur certaines cryptomonnaies étrangères. Cette offensive s’inscrit dans un durcissement plus large, déjà visible avec le projet russe visant à réguler plus strictement la crypto. L’objectif affiché est clair : décourager l’usage des actifs que Moscou considère comme vulnérables aux décisions occidentales.

Cette catégorie vise surtout les jetons émis par des sociétés situées dans des juridictions capables de geler des fonds. L’argument russe n’est donc pas seulement économique. Il est politique. Une crypto ou un actif contrôlable depuis l’étranger devient, aux yeux de Moscou, un risque de sécurité.

Le message est assez brutal. La crypto ne sera plus traitée comme un simple marché spéculatif. Elle devient une frontière financière. Et sur cette frontière, la Russie veut choisir qui entre, qui sort, et à quel prix.

Bitcoin, Ethereum et USDT restent dans le couloir autorisé

Le futur cadre russe devrait laisser les particuliers non qualifiés accéder seulement à trois actifs : Bitcoin, Ethereum et USDT. Tout le reste passerait dans une zone plus surveillée, plus coûteuse ou réservée à des profils professionnels.

Ce choix peut surprendre, surtout pour l’USDT. Tether peut aussi bloquer des fonds. Mais l’USDT reste trop utilisé pour être écarté d’un coup. Le bannir brutalement aurait probablement secoué une partie des échanges crypto russes.

La logique de Moscou ressemble donc à un compromis froid. Bitcoin et Ethereum gardent leur place grâce à leur profondeur de marché. L’USDT survit grâce à son usage massif. Les autres actifs, comme l’USDC ou le BNB, deviennent plus faciles à sacrifier.

Une taxe pour rapatrier les volumes vers les plateformes russes

La taxe envisagée n’est pas seulement punitive. Elle sert aussi à orienter les flux. Moscou veut pousser les utilisateurs vers des plateformes crypto agréées sur son territoire, plutôt que vers les grandes bourses internationales.

Le marché en jeu est énorme. La Russie reste l’un des plus grands centres crypto d’Europe en volume reçu. Ce n’est pas forcément parce que les particuliers russes investissent massivement. C’est surtout parce que les flux transfrontaliers utilisent de plus en plus les actifs numériques.

Dans ce contexte, chaque frais payé à une plateforme étrangère devient une fuite. La nouvelle réglementation cherche à refermer cette brèche. Elle transforme la conformité en péage. Ce mouvement prolonge aussi la stratégie russe autour de ses propres exchanges crypto pour contourner les sanctions.

Un durcissement qui peut aussi pousser le marché dans l’ombre

Le risque, pour Moscou, est évident. Si les frais deviennent trop élevés, une partie des utilisateurs cherchera des chemins moins visibles. La régulation peut canaliser un marché. Mais elle peut aussi l’envoyer dans les marges.

Les restrictions prévues ne s’arrêtent pas aux taxes. Tests obligatoires, limites annuelles, délais de retrait et encadrement des transferts pourraient aussi entrer dans le dispositif. Pour un investisseur ordinaire, l’accès à la crypto deviendrait moins libre et plus administratif.

Les plateformes étrangères, elles, devront choisir. Obtenir une autorisation russe, avec toutes les contraintes que cela suppose, ou perdre l’accès à un marché encore très actif. Pour certaines, le calcul sera simple. Pour d’autres, il sera explosif.

Ce durcissement arrive au moment où les sanctions occidentales ciblent davantage les réseaux crypto liés à la Russie. Le Royaume-Uni, les États-Unis et leurs alliés veulent couper les circuits utilisés pour contourner les restrictions financières classiques.

Moscou répond par une stratégie inverse. Au lieu de réduire la crypto, elle tente de l’enfermer dans son propre cadre. Elle veut garder l’outil, mais changer les rails. C’est une bataille de plomberie financière, moins visible que les sanctions bancaires, mais tout aussi décisive.

Au fond, la Russie ne tourne pas le dos à la crypto. Elle veut une crypto utile, surveillée et politiquement alignée. Les investisseurs particuliers y perdront en liberté. Les plateformes étrangères y perdront peut-être en volume, surtout depuis que l’UE cible aussi les plateformes crypto dans ses sanctions contre Moscou. L’État russe, lui, tente de récupérer la main.

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Lydie M.

Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n’engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d’investissement.





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