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Kalshi a ouvertement mis Polymarket en demeure de renforcer ses contrôles d’identité, sous peine de devoir fermer sa plateforme offshore. La dispute entre les deux leaders des marchés prédictifs s’est envenimée mi-mai, au moment où le Congrès américain lançait sa propre enquête sur les deux leaders. Deux visions opposées de la conformité s’affrontent désormais dans un secteur sous surveillance réglementaire croissante.


En bref
- Josh Stevens (Polymarket) dément l’introduction du KYC sur le site existant ; le processus en cours concernerait un nouveau produit en bêta.
- Robert J. DeNault (Kalshi) réclame une mise en conformité totale ou la fermeture de la plateforme offshore de Polymarket.
- Le 22 mai, le représentant James Comer a lancé une enquête sur les deux plateformes, demandant des données sur les procédures KYC et les plans anti-délit d’initié.
Polymarket nie, Kalshi contre-attaque
Des rapports récents faisaient état d’un projet de Polymarket d’introduire des vérifications d’identité pour bloquer l’usage de VPN, avec à la clé des avantages comme la colocalisation directe pour les utilisateurs vérifiés. Josh Stevens, vice-président de l’ingénierie, a fermement démenti ces informations.
« Aucune procédure KYC n’est ajoutée à aucune partie du site polymarket.com existant lors de ce lancement. Une fois sorti de sa phase bête, ce produit n’exigera pas non plus de KYC », a-t-il précisé sur X.
Robert J. DeNault, responsable de la conformité chez Kalshi, n’a pas pourtant pas lâché le morceau. Il pointe des failles concrètes : des utilisateurs iraniens et russes actifs sur la plateforme, et même une livraison de marchandises à Moscou pour recruter de nouveaux utilisateurs. Sa conclusion est sans détour.
Trop c’est trop… Si Polymarket veut vraiment mettre fin à cela, qu’elle mette toutes ses opérations en conformité (à commencer par la procédure KYC) ou qu’elle ferme sa plateforme offshore. Ce qui existe actuellement n’est ni sûr ni équitable pour proposer des marchés de prédiction.
Le Congrès ouvre une enquête formelle
Le 22 mai, le représentant James Comer, président de la commission de la Chambre sur la surveillance et la réforme du gouvernement, a annoncé une enquête formelle visant les deux plateformes. Des lettres ont été envoyées pour réclamer des données sur les processus d’identification en vigueur et les dispositifs anti-délit d’initié validés.
Sur ce dernier point, les deux rivaux avaient pourtant anticipé. Avant le Super Bowl de cette année, Kalshi a modernisé Poirot, son système de surveillance active, en impliquant directement ses cadres supérieurs dans le traitement des cas sensibles. Polymarket, de son côté, a déployé un règlement actualisé pour mieux identifier et freiner les pratiques d’initiés.
La pression réglementaire s’intensifie donc sur un secteur qui, après l’engouement des dernières élections américaines, cherche encore à poser des bases juridiques solides.
En somme, ce bras de fer illustre une tension structurelle : Polymarket mise sur la flexibilité de son modèle dual pour capter un maximum d’utilisateurs mondiaux, quand Kalshi joue la carte de la conformité totale comme avantage concurrentiel. L’enquête du Congrès, combinée à la pression de pairs comme Kalshi, risque d’accélérer les arbitrages. Le KYC, longtemps repoussé, se rapproche inévitablement.
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