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La Chine ne se contente plus de l’or, mais elle bâtit les infrastructures d’un nouvel ordre monétaire. Après 22 mois consécutifs d’acquisition du métal jaune, Pékin consoliderait les passerelles entre or et yuan, alors que son exposition aux bons du Trésor américain régresse. L’on observe donc les prémices d’un étalon « Yuan-or » susceptible de réduire la dépendance au dollar.


En bref
- La Chine renforce ses réserves d’or après 22 mois consécutifs d’accumulation.
- Pékin développe des infrastructures liées à l’or et au yuan, notamment entre Hong Kong et Shanghai.
- L’internationalisation du yuan et BRICS Pay alimentent le débat sur une alternative au système dominé par le dollar.
- La Chine réduit son exposition aux bons du Trésor américain, sur fond de diversification de ses réserves.
- L’hypothèse d’un étalon yuan-or reste contestée, tandis que le dollar conserve une place dominante dans les réserves mondiales.
La Chine renforce le rôle de l’or dans sa stratégie monétaire
La Chine vient d’accumuler de l’or pendant 22 mois consécutifs. Pour juillet, la Banque populaire de Chine (PBoC) a annoncé, l’ajout de 20 tonnes d’or à ses réserves officielles. Une telle accumulation régulière porte les avoirs totaux à près de 2366 tonnes, soit 8 % des réserves officielles chinoises. Cette statistique place Pékin au sixième rang mondial des détenteurs d’or, derrière les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie, la France et la Russie.
Hong Kong aurait mis en place un système de compensation de l’or soutenu par le gouvernement et relié à Shanghai. Il s’agit là de la première composante d’un réseau international de coffres destiné à permettre des règlements en yuan contre de l’or.
Cette évolution est rattachée à la prochaine présidence chinoise des BRICS et à l’annonce de Xi Jinping d’une troisième « décennie dorée ». Une telle lecture tient en une seule formule :
Ils ont construit les coffres, acheté l’or et donné son nom à la décennie.
Pékin a donc annoncé l’internationalisation du yuan pour le commerce et les règlements mondiaux. L’infrastructure de paiement BRICS Pay, associé dans son récit à la Chine, la Russie et l’Inde, constitue une alternative à SWIFT et au système dominé par le dollar, avec un adossement à l’or. Ces divers éléments alimentent la thèse de l’adoption d’un nouvel étalon-or par la Chine.
Cette thèse repose ainsi sur plusieurs évolutions reliées entre elles :
- Une accumulation d’or de la Chine pendant 22 mois consécutifs ;
- Un système de compensation de l’or à Hong Kong connecté à Shanghai ;
- Un projet de réseau international de coffres permettant des règlements en yuan contre du métal physique ;
- Une internationalisation accrue du yuan dans le commerce et les règlements ;
- Le BRICS Pay, présenté comme une alternative au système dominé par le dollar.
La baisse des avoirs américains alimente le débat sur le dollar
La Chine a vendu 70 milliards de dollars de bons du Trésor américain. Il s’agit de la cession la plus importante depuis la crise financière de 2008. Actuellement, l’or a dépassé les Treasuries américains comme actif de réserve mondial. Ce n’est donc pas un mouvement isolé. Il participerait à une transformation susceptible d’avoir, à terme, des répercussions sur les rendements obligataires américains.
La lecture des avoirs chinois aux États-Unis est cependant discutée. Ainsi, les statistiques américaines attribuent les titres au pays dans lequel se trouve leur dépositaire. En effet, 618 milliards de dollars de Treasuries officiellement détenus par la Chine, près de 450 à 500 milliards de dollars attribués à la Belgique et aux Pays-Bas et quelque 460 milliards de dollars aux îles Caïmans, d’après les informations officielles.
L’hypothèse d’un yuan lié à l’or reste vivement contestée
L’affirmation selon laquelle la Chine passerait officiellement à un nouvel étalon-Or serait inexacte pour de nombreux observateurs. Ces derniers contestent donc une telle conclusion. Ils remettent en cause l’idée que BRICS Pay serait adossé à l’or et rappellent que l’internationalisation du yuan constitue une ambition chinoise ancienne. Actuellement, le yuan représente 2 % des réserves mondiales, contre près de 60 % pour le dollar.
Pékin n’aurait pas nécessairement intérêt à provoquer une dédollarisation totale. Un effondrement du billet vert réduirait la valeur des actifs américains détenus par la Chine, tandis qu’une forte appréciation du yuan pèserait sur les exportations chinoises.
La stratégie pourrait donc relever davantage d’une réduction de l’exposition au système financier américain que d’une rupture complète avec celui-ci. Entre diversification des réserves, recherche d’autonomie financière et véritable étalon yuan-or, une étape décisive reste encore à franchir.
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Diplômé de Sciences Po Toulouse et titulaire d’une certification consultant blockchain délivrée par Alyra, j’ai rejoint l’aventure Cointribune en 2019.
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