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Revolut fait face à une nouvelle pression après la fuite de données révélée quelques jours plus tôt. Un groupe se présentant sous le nom iamnotavillain réclame désormais 6 000 XMR. Il s’agit d’environ 3 millions de dollars, et menace de vendre les informations volées si la fintech ne paie pas. Les attaquants ont fixé un délai de 24 heures. Environ 680 clients, dont plusieurs détenteurs importants de crypto, seraient concernés. Revolut affirme de son côté n’avoir reçu aucune demande directement.


En bref
- Les attaquants réclament 6 000 XMR, soit environ 3 millions de dollars.
- Environ 680 clients de Revolut seraient concernés par la fuite.
- Revolut assure que ses systèmes centraux et les fonds des clients n’ont pas été piratés.
Les attaquants réclament maintenant 6 000 XMR
L’affaire arrive au mauvais moment pour Revolut, qui développe rapidement ses activités liées aux actifs numériques. Cointribune détaillait encore cette semaine l’expansion de Revolut dans la crypto, entre stablecoin, trading et paiements.
Cette fois, la fintech affronte surtout une affaire liée aux données personnelles. Le groupe iamnotavillain a publié son ultimatum mercredi sur un site accompagné d’un compte à rebours. Les pirates réclament 6 000 Monero et affirment qu’ils transmettront les dossiers à d’autres groupes criminels si Revolut ne paie pas dans les 24 heures.
Une première demande de 10 000 BTC avait circulé auparavant sur Telegram. Les auteurs de l’ultimatum actuel disent toutefois que cette somme provenait d’un imposteur ou d’un ancien associé.
Le choix du Monero est moins surprenant. Contrairement à bitcoin, dont les transactions sont visibles publiquement sur la blockchain, la crypto XMR est conçue pour masquer davantage d’informations sur les transferts. Revolut affirme n’avoir eu aucun contact direct avec le groupe et n’avoir reçu aucune demande de rançon par ses propres canaux.
Les pirates n’auraient pas pénétré les systèmes de Revolut
La fuite ne serait pas née d’une intrusion classique. Revolut a confirmé le 12 septembre avoir transmis des informations sensibles à une personne non autorisée après avoir reçu de fausses demandes provenant d’un domaine de messagerie gouvernemental légitime. Revolut assure qu’aucune compromission n’a touché ses systèmes ni les fonds de ses clients.
Les attaquants auraient exploité le système italien de courrier électronique certifié PEC. En se faisant passer pour des représentants des forces de l’ordre, ils auraient envoyé pendant plusieurs mois des demandes ciblées concernant certains clients.
Parmi les informations exposées figureraient des dates de naissance, adresses postales et électroniques, numéros de téléphone ainsi que des copies de passeports et de permis de conduire. Des historiques de transactions et des données liées aux mouvements en crypto feraient également partie des fichiers obtenus.
Selon les informations rapportées, environ 680 personnes seraient touchées, principalement en France et en Suisse, mais aussi dans plusieurs dizaines d’autres pays européens. Les attaquants disent avoir utilisé l’analyse blockchain pour repérer des clients présentant une activité importante en actifs numériques.
Le dossier rappelle une autre affaire récente. En février, un ancien employé de Revolut avait déjà été accusé d’avoir utilisé des données KYC pour faire pression sur un investisseur crypto. Deux histoires différentes, avec le même type d’informations sensibles au centre.
La crypto Monero revient au cœur d’une affaire d’extorsion
Les pirates ne réclament pas des dollars, ni même des bitcoins. Ils veulent la crypto XMR. Monero a été conçu avec la confidentialité comme fonction centrale. Plusieurs mécanismes cryptographiques masquent les adresses d’envoi et de réception ainsi que les montants transférés. Cette architecture explique pourquoi le token revient régulièrement dans les dossiers de rançon ou de paiements que leurs auteurs cherchent à rendre plus difficiles à suivre.
Cela ne signifie pas pour autant que Monero offre une invisibilité parfaite. Des sociétés spécialisées travaillent depuis plusieurs années sur des méthodes permettant de réduire son anonymat.
Cointribune avait notamment rapporté en 2024 que certaines transactions Monero pouvaient être suivies grâce à l’analyse des nœuds et des adresses IP. Dans l’affaire Revolut, le point le plus sensible reste ailleurs : les données personnelles. Un passeport, une adresse complète, des photos de vérification et un historique financier peuvent servir à des usages malveillants bien après l’expiration d’un ultimatum. Revolut indique avoir bloqué l’adresse utilisée pour les fausses demandes et alerté les autorités, les régulateurs financiers et les organismes chargés de la protection des données. À ce stade, aucun élément ne signale un vol des fonds appartenant aux clients. La demande, elle, est désormais publique : 6 000 XMR et 24 heures.
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Enseignante et ingénieure IT, Lydie découvre le Bitcoin en 2022 et plonge dans l’univers des cryptomonnaies. Elle vulgarise des sujets complexes, décrypte les enjeux du Web3 et défend une vision d’un futur numérique ouvert, inclusif et décentralisé.
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