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Le secteur des cryptomonnaies évolue en permanence sous l’influence des cycles économiques et des autorités de régulation. Pourtant, Monero (XMR) suit une trajectoire à part. Les données récentes confirment une tendance durable : l’usage de cet actif centré sur la confidentialité progresse depuis 2020 et continue d’avancer malgré les variations habituelles du marché. Cette progression s’est maintenue même après son retrait de plusieurs plateformes d’exchange, certains acteurs du darknet se tournant davantage vers le XMR.


En bref
- L’activité transactionnelle de Monero reste soutenue depuis 2020, avec des volumes 2024–2025 supérieurs aux niveaux des années précédentes.
- Malgré son retrait d’environ 73 plateformes en 2025, l’utilisation du XMR demeure forte et se maintient hors des bourses traditionnelles.
- L’adoption de Monero progresse dans les environnements soumis à une pression réglementaire accrue, où certaines plateformes du darknet choisissent désormais de fonctionner uniquement en XMR.
- Environ 14 à 15 % des nœuds présentent un comportement atypique, un risque que la mise à jour « Fluorine Fermi » cherche à atténuer en renforçant la sécurité du réseau.
Une activité transactionnelle stable et soutenue
Selon une analyse de TRM Labs, les volumes de transactions enregistrés en 2024 et 2025 surpassent ceux du début de la période 2020-2022. Cette progression illustre brillamment la valeur actuelle et incontournable du réseau. Les outils de surveillance des blockchains transparentes s’améliorent. En réponse, l’intérêt pour des alternatives opaques grandit.
L’activité sur la chaîne Monero va bien au-delà de la pure spéculation. Elle se stabilise à un niveau élevé. Les utilisateurs effectuent des opérations régulières. Le réseau répond ainsi à un besoin utilitaire concret plutôt qu’à des mouvements de trading épisodiques.


La résistance face aux retraits des exchanges
Cette persistance de l’usage intervient dans un contexte complexe. Les régulateurs perçoivent des risques liés à l’anonymat. Les données de l’analyse indiquent que de nombreuses plateformes limitent donc l’accès au XMR. Des géants comme Binance, Coinbase ou Kraken ont cessé de le prendre en charge, et environ 73 bourses auraient retiré Monero de leur liste en 2025.
La liquidité quitte les infrastructures traditionnelles et se concentre désormais sur des places offshores ou moins régulées, et l’accès au token se complexifie. Pourtant, l’utilisation sur la chaîne ne faiblit pas. Les utilisateurs actuels recherchent spécifiquement la vie privée. Ils acceptent les frictions pour réaliser leurs transactions, selon TRM Labs.
Monero devient la norme sur le darknet
L’adoption progresse aussi sur les marchés du darknet (DNM). Une évolution structurelle favorise les plateformes exclusivement libellées en XMR. Ce changement touche surtout les zones sous pression réglementaire intense.
En 2025, près de la moitié des nouveaux marchés du darknet (48 %) acceptaient uniquement Monero, comme l’indique l’analyse. Ce chiffre marque une hausse notable. Les acteurs de ces réseaux réagissent au traçage efficace du bitcoin. Ils privilégient désormais des actifs offrant une meilleure protection de l’identité.
Des défis liés à l’observation du réseau
Si la cryptographie fondamentale de Monero demeure inviolée, l’observation du réseau révèle des zones d’ombre. Environ 14 à 15 % des nœuds accessibles adoptent un comportement « non standard ». Ces anomalies ne prouvent pas systématiquement une intention malveillante et peuvent résulter de simples irrégularités techniques.
Toutefois, la concentration de ces nœuds inquiète les experts. Il semble que certains opérateurs contrôlent une part conséquente de l’infrastructure, potentiellement pour capter des informations. Cette situation n’altère pas le chiffrement des données, mais elle fragilise théoriquement l’anonymat.
En analysant la propagation des messages entre ces nœuds, des observateurs pourraient, à terme, déduire des indices sur l’activité des utilisateurs.
La mise à jour « Fluorine Fermi » renforce la défense
face à ce risque d’analyse du trafic, Monero avait annoncé en octobre dernier sa nouvelle mise à jour « Fluorine Fermi ». Il s’agit d’une solution technique qui introduit un algorithme de sélection des pairs plus sûr. Le mécanisme vise à bloquer les nœuds malveillants ou peu fiables.
Le protocole renforce ainsi sa défense contre les « nœuds espions ». Ces entités tentent souvent de relier une adresse IP à une transaction. Les développeurs décrivent cette mise à jour comme une barrière essentielle. Elle permet de lutter efficacement contre les tentatives de surveillance de la blockchain.
L’analyse des tendances dessine une voie limpide pour l’avenir de la cryptomonnaie axée sur la confidentialité. Le réseau continuera probablement de s’écarter des flux financiers classiques. Son utilisation se concentrera sur des niches exigeant une confidentialité stricte. La résilience des volumes, couplée aux mises à jour comme Fluorine Fermi, suggère que cet actif conservera son rôle unique. Le succès futur dépendra de la capacité du code à maintenir l’opacité face aux technologies de surveillance.
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Journaliste et rédacteur web passionné par l’univers des cryptomonnaies et des technologies Web3. J’y traite les dernières tendances et actualités afin de proposer un contenu de haute qualité à un large public du secteur.
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